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L’ambroisie

  • Publié : 5 juin 2015
  • Mis à jour : 31 juillet 2015

Plateforme « Signalement ambroisie » : http://www.signalement-ambroisie.fr/

L’ambroisie est une plante sauvage provenant d’Amérique du Nord, qui connaît depuis quelques années un développement spectaculaire dans de nombreux départements en France. Cette espèce invasive menace les écosystèmes, et son pollen est responsable d’allergies : la guerre contre l’ambroisie est déclarée !

L’ambroisie à feuilles d’armoise, Ambrosia artemisiifolia (famille des Composées ou Asteracées), est une plante annuelle originaire du continent nord-américain. Elle aurait été introduite en France (dans la région Rhône-Alpes) en 1863, sans doute à cause de graines présentes dans un lot de semences fourragères provenant d’Amérique du Nord. Au cours de la Première Guerre mondiale, l’importation de fourrage pour les chevaux de l’armée américaine aurait permis à l’ambroisie de gagner encore du terrain un peu partout en France.

D’abord discrète, l’ambroisie a commencé à se montrer envahissante au cours des années 50, à la faveur des grands travaux de réaménagement du territoire. Depuis quelques années, elle représente un véritable fléau dans plusieurs régions, notamment en région Rhône-Alpes, épicentre du phénomène, où elle fait l’objet d’un plan de lutte de l’Agence Régionale de Santé.

L’ambroisie se rencontre aussi bien en ville qu’à la campagne, dans les champs et les pâtures, sur les chantiers, les terrains vagues, les friches et les jachères, mais aussi le long des cours d’eau, des chemins, des axes routiers, des voies ferrées, au bord des parcelles cultivées…

Elle est facilement reconnaissable à son port buissonnant (elle peut atteindre plus d’un mètre de hauteur), à ses tiges velues, à ses feuilles minces, vert clair, très découpées, et, en période de floraison, à ses épis longs et fins, portants de petites fleurs de couleur jaune-vert.

Ses graines ne sont transportées ni par le vent, ni par les animaux. La plante gagne du terrain grâce à l’eau, qui favorise sa dissémination en entraînant les graines, et surtout grâce à l’homme : les graines se mêlent à la terre, laquelle, en adhérant aux pneus des véhicules (voitures, camions, véhicules de chantier, tracteurs…), favorise leur dispersion. Le transport de terre végétale ou de gravier pour les besoins des chantiers est aussi un vecteur privilégié pour cette plante. Enfin, lorsque des plants d’ambroisie se développent parmi les cultures, les graines peuvent se trouver mêlées aux semences agricoles, notamment celles de tournesol, ou aux fourrages distribués au bétail dans les prés. Quant à la présence d’ambroisie dans les jardins, elle peut s’expliquer par l’utilisation de graines pour oiseaux, en hiver, qui renferment généralement du tournesol… et éventuellement, de l’ambroisie.

L’ambroisie a été signalée dans presque toutes les régions de France, mais c’est en région Rhône-Alpes que son extension est actuellement la plus inquiétante (Rhône, Loire, Ain, Isère, Drôme, Ardèche). La Provence, la Bourgogne et le Centre sont également concernés depuis quelques années. L’ambroisie est aussi présente en Suisse, dans la région de Genève.

La floraison commence vers mi-août, culmine en septembre, et peut se prolonger jusqu’au mois d’octobre. Le pollen de l’ambroisie, disséminé dans l’air à cette période, est très allergisant : on considère qu’en France, 6 à 12% de la population y est allergique. Les symptômes ressemblent à ceux d’un rhume des foins (même cause, mêmes effets) : conjonctivite, sinusite, trachéite (toux sèche), écoulement nasal et éternuement, parfois urticaire et eczéma, et, dans les cas les plus graves, crises d’asthme. Les personnes âgées, les enfants et les asthmatiques sont particulièrement vulnérables face à l’ambroisie. Elle est qualifiée de "polluant biologique" par les médecins, tant ses impacts sur la santé sont importants (un nouveau terme est apparu dans le vocabulaire médical : on parle désormais de pollinose).

Outre ce problème de santé publique, qui a un coût pour la collectivité (estimé à 9 millions d’euros par an en Rhône-Alpes : consultations, arrêts maladie…), cette plante s’avère également nuisible pour les agriculteurs, en raison de sa propension à envahir les cultures.

Comme toutes les plantes invasives, l’ambroisie est une menace pour la biodiversité : n’ayant pas de prédateurs ni de parasites dans les nouveaux milieux qu’elle colonise, elle occupe l’espace et nuit au développement des plantes indigènes, perturbant ainsi les écosystèmes. Elle est également très résistante : elle pousse sur des sols nus et pauvres et n’a pas besoin de beaucoup d’eau. L’ambroisie a en outre un fort pouvoir colonisateur, un seul pied pouvant produire jusqu’à 60.000 graines, qui peuvent conserver leur pouvoir de germination pendant près de 40 ans.

Se débarrasser de l’ambroisie n’est pas une mince affaire : en plus de la longévité de ses graines, la plante a une fâcheuse tendance à repousser après un fauchage, mais aussi après un désherbage thermique ou chimique. Le moyen le plus efficace est encore, pour le moment, l’arrachage… à la main. Cette opération doit intervenir avant la floraison, de façon à enrayer la dispersion du pollen allergisant et, du même coup, empêcher la plante de donner des graines.

En Amérique du Nord, l’ambroisie fait depuis longtemps l’objet de campagnes de lutte intensive. En France, la guerre est également déclarée ! La réglementation ne prévoit rien au niveau national, mais les régions, les départements et les communes peuvent décider de mettre en place des mesures de lutte contre l’ambroisie. C’est déjà le cas de certains départements, où des arrêtés préfectoraux rendent purement et simplement obligatoire la destruction de l’ambroisie.

Les municipalités, les agriculteurs, mais aussi les particuliers et, d’une manière générale, tous les propriétaires et locataires de terrains, sont tenus d’éliminer les plants d’ambroisie qui viendraient à se développer chez eux.

Ne confondez pas l’ambroisie avec d’autres plantes dont la morphologie est similaire, et qui n’ont aucune raison de faire l’objet d’un arrachage systématique : anthémis des champs, armoise commune, armoise annuelle, chénopode... La ressemblance avec l’armoise est particulièrement trompeuse, mais un coup d’oeil à la face inférieure des feuilles vous permettra de les distinguer. Les feuilles d’ambroisie sont de la même couleur sur les deux faces, tandis que les feuilles d’armoise sont vertes sur la face supérieure, et blanchâtres sur la face inférieure.

Environ 10% de la population est touchée durant l’été, ce qui génère pour la région Rhône-Alpes des coûts de santé estimés entre 11 et 16 millions d’euros pour l’année 2012 (Etude de l’ARS sur les coûts de l’ambroisie en région Rhône-Alpes).

Guide de reconnaissance et gestion de l’ambroisie

Une exposition sur l’ambroisie aura lieu en mairie, aux heures habituelles d’ouvertures du secrétariat de mairie, du lundi 20 au samedi 25 juillet 2015.

Documents joints

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